Costa Rica, le roi incontesté du tourisme durable

Les leçons à tirer de la crise sanitaire 

Il aura fallu attendre une crise sanitaire mondiale comme celle de la Covid 19 pour ouvrir les yeux du monde entier sur les dommages d’une activité humaine intense et répétée. Avec les différents confinements, nous avons été témoins d’une nature « qui reprend ses droits » : des canards ont réinvesti les rues de Paris, l’arrêt du trafic maritime a permis d’observer des dauphins venus s’aventurer jusque dans le parc national des Calanques, les eaux de Venise n’ont jamais été aussi translucides et dans certaines régions de Chine on a pu constater des chutes de pollution allant jusqu’à 30% ! Des petits bonheurs de courte durée car les diverses activités de notre planète ont repris 

Depuis, on sent une prise de conscience globale pour un mode de vie plus green et plus éthiqueEt avec cette prise de conscience on se rend compte également que certains pays n’ont pas attendu la crise sanitaire pour comprendre les réalités et mettre en place des actions concrètes au sein de leurs frontières. Comme le Costa Rica, qui est depuis plusieurs années déclaré comme le pays le plus « eco-friendly » de la planète : presque 100% de l’électricité est issu d’énergies renouvelables, l’armée a été supprimée en 1948, environ 30% du territoire est protégé (parcs nationaux, réserves biologiques, privées ou forestières et monuments nationaux…) et le bien-être animal prime avant tout (le pays ne possède aucun zoo car les animaux vivent tous dans leurs habitats naturels).  

Ces arguments ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres de l’engagement indéniable du pays car oui, le Costa Rica ne s’arrête pas là ! Et c’est notamment en matière de tourisme durable que nous devrions tous prendre exemple sur lui.

Redéfinir les règles du jeu en créant un écolabel 

L’Institut Costaricien du Tourisme, a créé en 1997 le CST (Certificación para la Sostenibilidad Turística ou Certificat pour le Tourisme Durable en français). Cette certification est un écolabel de référence dans le pays. Les scientifiques à l’origine du projet ont conclu que notre modèle économique et social entraîne l’épuisement des ressources terrestres, et que nos modes de vie contemporains courent à notre propre perte. Les Costaricains ont donc décidé qu’il était temps d’agir ! C’est ainsi qu’est né le CST, soutenu et représenté entre autres par le ministère de l’Environnement et de l’Énergie, l’Institut national de la biodiversité, l’Université du Costa Rica, ou encore la Chambre nationale du tourisme, et reconnu par l’Organisation Mondiale du Tourisme (rien que ça) !  

Mais comment ça marche au juste ? Le but de ce label est de récompenser et valoriser les entreprises spécialisées dans le tourisme (hôtels, restaurantsparcs nationauxagences de voyages ou loueurs de véhicules par exemple) qui militent au quotidien dans une démarche globale de durabilité. 

Grâce à un audit gratuit et des questions bien précises, le label garantit que la structure touristique respecte un certain nombre de critères : mesures pour éviter les émissions de produits nocifs et la pollution, gérer ses déchets, utiliser des produits naturels, biodégradables ou recyclables, s’engager à faire découvrir et à préserver les richesses naturelles du pays, faire travailler les communautés locales ou encore mettre en valeur les traditions et les coutumes du pays. Le résultat de cet audit est ensuite publié sur le site officiel du CST où l’on retrouve une fiche détaillée de chaque structure. On y découvre aussi la note attribuée à chacune d’entre elles, sur une échelle allant de 1 à 5, représentées par des feuilles, à l’instar de nos épis et autres clés.  

Le pays s’est d’ailleurs vu décerner récemment l’accréditation CST2.0 du GSTC (le Conseil mondial pour le tourisme durable), une reconnaissance mondiale pour ses efforts permanents dans le développement et la consolidation d’un tourisme durable depuis plus de 20 ans maintenant.

Pour aller encore plus loin 

Et ce n’est pas tout ! Le Costa Rica encourage également ses touristes à compenser leur empreinte carbone générée par leurs vols aériens et leurs voyages terrestres. Les ressources financières collectées servent au Programme de paiement des Services Environnementaux (PSA) et servent notamment à la plantation d’arbres, la protection des bassins hydrographiques, la régénération naturelle, ainsi que les systèmes agroforestiers dans les exploitations agricoles 

Le Costa Rica a su bâtir une économie touristique alternative, réfléchie et efficace. Il a opté pour un modèle de croissance limitée, sans agglomérations, où le bien-être est un mode de vie, dans lequel 94% des hébergements touristiques ont moins de 40 chambres. La qualité avant la quantité, ne serait-ce pas là le leitmotiv du pays ?